Conseil des ministres sans Ali Bongo : la CNR dénonce un « coup d’état constitutionnel » !

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Conseil des ministres sans Ali Bongo : la CNR dénonce un « coup d’état constitutionnel » !




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Le président de la CNR, Jean Eyeghe Ndong, auteur de la déclaration © 2018 D.R./Info241


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La décision d’hier de la cour constitutionnelle d’autoriser le vice-président gabonais à présider un conseil des ministres en raison de l’hospitalisation prolongée d’Ali Bongo, continue d’exaspérer la classe politique. La Coalition pour la nouvelle république (CNR) de l’opposant Jean Ping a, dans une déclaration parvenue à la rédaction d’Info241, dénoncé ce jeudi « un coup d’état constitutionnel » de la Cour constitutionnelle.

L’interprétation controversée des articles 13 et 16 de la Cour constitutionnelle dirigée par la belle-mère d’Ali Bongo est depuis hier soir sur toutes les lèvres. L’opposition gabonaise est rouge de colère devant ce qu’elle assimile à une usurpation honteuse du statut de législateur dévolu aux deux chambres parlementaires, élus eux du peuple.

La Cour constitutionnelle s’improvise législateur

Pour la CNR, "la cour constitutionnelle par décision n° 219/CC du 14 novembre 2018 vient de s’arroger les attributions du législateur". Et le président de la CNR Jean Eyeghe Ndong, auteur de la déclaration, d’accuser : "elle s’est crue le droit de modifier nuitamment l’article 13 de la constitution qui consacre ’la vacance du pouvoir pour quelque raison que ce soit ou d’empêchement définitif de son titulaire constatée par la Cour constitutionnelle’".

Le crime des 9 juges réside dans l’ajout d’un alinéa qui stipulerait désormais : « En cas d’indisponibilité temporaire du Président de la République pour quelque cause que ce soit, certaines fonctions dévolues à ce dernier, à l’exception de celles prévues aux articles 18, 19 et 109 alinéa 1er peuvent être exercées selon le cas, soit par le Vice-Président de la République, soit par le Premier ministre, sur autorisation spéciale de la cour constitutionnelle saisie par le Premier Ministre ou un dixième des membres du gouvernement chaque fois que nécessaire ».

L’appel à "un sursaut patriotique" et à la défense de la "souveraineté"

Pour la principale coalition de l’opposition gabonaise, "Cet acte prouve une fois de plus, une fois de trop, la violation flagrante de notre loi fondamentale, par la Cour constitutionnelle garante de celle-ci. Tout aussi grave, elle se substitue au Président de la République en conférant au Vice-Président de la république le pouvoir de présider le conseil des ministres". Et de marteler qu’"aucune disposition constitutionnelle n’autorise les 9 juges de la Cour à décider, en l’absence du Président de la République, des missions du Vice-Président".

Fort de ce constat, la CNR dit dénoncer "avec la dernière énergie la gestion irresponsable de la « vacance du pouvoir », et s’interroge sur les desseins inavoués de la Cour Constitutionnelle". Avant d’appeler "le peuple gabonais à un sursaut patriotique et à défendre sa souveraineté".

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