Les émissions de CO2 menacent l’alimentation humaine, alerte une étude américaine

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C’est la thèse que soutient une étude menée par deux chercheurs américains de l’université Harvard, consultée par la rédaction d’Info241. On savait la hausse des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère nocive pour la planète, l’étude américaine publiée ce 27 août dans la revue Nature Climate Change prévient que dans les prochaines décennies, l’augmentation de la concentration atmosphérique de CO2 pourrait entraîner l’appauvrissement d’un grand nombre de cultures de base en protéines, en fer et en zinc, avec des effets délétères sur la santé humaine.

Ces chercheurs américains, Matthew R. Smith et Samuel S. Myers, ont pris comme point de départ une concentration de CO2 de 550 parties par million (ppm), unité de mesure indiquant le nombre de molécules de gaz carbonique pour un million de molécules de l’atmosphère. Le chiffre n’a rien de virtuel. La concentration atmosphérique de CO2, qui a atteint en 2016 le niveau record de 405 ppm, devrait en effet grimper à 550 ppm entre 2050 et 2100, en fonction des scénarios d’émissions mondiales de gaz à effet de serre. Seule une baisse drastique des émissions anthropiques (produites par l’homme) permettrait de rester en dessous de ce seuil.

L’un des tableaux de cette étude montrant l’évolution des émissions de gaz à effet de serre

De précédents travaux ont montré que, à ce niveau de concentration de CO2, la quantité de protéines, de fer et de zinc est globalement réduite de 3 % à 17 %, pour beaucoup de végétaux. Les chercheurs ont alors fait tourner un modèle pour calculer, à partir des ressources alimentaires disponibles par habitant, ainsi que des projections de croissance démographique (soit une population mondiale de 9,7 milliards d’individus en 2050), le nombre de personnes supplémentaires exposées, au milieu du siècle, à un risque de carences en nutriments. Cela, pour 151 pays et 225 espèces végétales, ce qui donne à leur travail une portée beaucoup plus vaste que celles des études antérieures.

Il apparaît qu’aux quelque 660 millions de personnes qui souffrent actuellement d’une insuffisance de protéines s’en ajouteraient 122 millions. Le 1,5 milliard d’individus déjà en manque de zinc s’accroîtrait de 175 millions. Et pour le 1,4 milliard d’enfants de moins de 5 ans et de femmes en âge de procréer vivant dans des régions où le taux d’anémie est déjà supérieur à 20 %, la perte d’apport en fer serait de plus de 4 %.

Les pays les plus affectés seraient ceux d’Asie du Sud et du Sud-Est – à commencer par l’Inde –, d’Afrique et du Moyen-Orient. Rien d’étonnant à ce que les aires géographiques parmi les plus pauvres soient aussi les plus vulnérables, dans la mesure où l’essentiel de leur apport en protéines est d’origine végétale. L’Amérique du Nord ou l’Europe, aux régimes plus carnés, se trouvent, de ce fait, moins exposées.

Avec Le Monde

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